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Mustapha Dallegi : 'On a essayé de s'en prendre à mes enfants'

Invité de l'émission Corniche ce jeudi 9 juillet 2026, l'artiste tunisien Mustapha Dallegi a affirmé avoir choisi, de son plein gré, de ne pas déposer de dossier de candidature pour participer aux festivals cette année.

'Après quarante ans de carrière, je ne peux ni changer mes exigences ni accepter que l'on porte atteinte à ma dignité ou à mon art', a-t-il déclaré.

Évoquant les conditions d'accueil des artistes, Mustapha Dallegi a estimé qu'un festival digne de ce nom doit honorer ses engagements financiers et garantir un minimum de respect, notamment en mettant à disposition une chambre climatisée pour lui et les membres de son orchestre.

Il a raconté avoir été contraint, lors d'un festival, de se changer sous un arbre, à la vue des passants. « Ma dignité ne me permet plus de me changer dans la rue ou de me produire dans un festival qui ne respecte pas les artistes », a-t-il lancé, ajoutant qu'il n'avait toujours pas perçu le cachet de certaines prestations de l'année dernière. Il a également déploré que des artistes étrangers soient privilégiés au détriment des artistes tunisiens.

À l'inverse, il a salué le professionnalisme des organisateurs de mariages, qui, selon lui, offrent de bonnes conditions de travail et règlent les cachets des musiciens avant le début de la soirée.

Revenant sur son parcours, Mustapha Dallegi a indiqué être l'auteur de plus de 200 chansons et avoir écrit ou composé pour la plupart des artistes tunisiens. « Il m'est douloureux d'être humilié dans mon propre pays alors que j'y ai laissé un important patrimoine artistique », a-t-il confié.

L'artiste a par ailleurs confirmé son intention de vendre ses chansons, fixant leur prix à 20 000 dinars chacune : 10 000 dinars pour les paroles, 9 000 dinars pour la composition musicale et 1 000 dinars destinés, a-t-il ironisé, « à l'achat de médicaments après avoir travaillé avec certains artistes ».

Il a également dévoilé un nouveau projet inspiré des séries télévisées : des chansons d'une durée d'environ une minute trente, déclinées sous forme d'une série de vingt épisodes, sans comédiens, où lui et son orchestre tiendront les premiers rôles.

Mustapha Dallegi a enfin révélé s'intéresser depuis trois ans à l'intelligence artificielle et à ses applications dans la création, la production et la promotion musicale. « L'art ne s'apprend pas à l'école, il se développe », a-t-il affirmé.

Sur un registre plus personnel, il a déclaré que certaines personnes avaient tenté de s'en prendre à ses trois enfants pour l'atteindre, ce qui l'a conduit à les envoyer vivre au Canada il y a trois ans. Ému, il a confié : « Aujourd'hui, je pleure pour la Tunisie et pour mes enfants. »

En conclusion, l'artiste a adressé un message à ceux qui, selon lui, cherchent à l'écarter des festivals : « Ils ont essayé de me fermer les portes, mais je suis financièrement à l'abri et je me suis préparé à vivre dignement, afin que personne ne puisse m'humilier. »

 

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